Poèmes humoristiques : drôles, espiègles et irrésistiblement humains

Découvrez 8 poèmes humoristiques inoubliables : quiproquos savoureux, absurde maîtrisé, satire sociale et tendresse espiègle. Un voyage poétique qui..

Poésie  ·  Humour  ·  Espièglerie

Parce que rire est aussi une forme d'amour — et parfois la plus sincère qui soit.

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Poème drôle, espiègle, absurde, et comique
Poésie et poèmes drôles, humoristiques, amusants, marrants ...

La poésie n'a pas toujours besoin de larmes pour toucher le cœur. Il existe une autre école — celle du sourire, du clin d'œil, du mot qui fait trébucher de rire — qui mérite tout autant sa place dans l'anthologie de la langue française. Ces poèmes humoristiques, drôles et espiègles vous attendent, armés de quiproquos savoureux, d'absurde bien assumé et d'une tendre ironie qui dit plus sur la vie que bien des alexandrins solennels. De la romance comique dans le métro parisien aux aventures désopilantes d'un chat capricieux, en passant par la satire sociale la plus fine, voici une sélection qui vous fera sourire, vous reconnaître, et peut-être même partager.

Poème 01

Le poème espiègle sur la séduction : un double sens qui fait toute la saveur

La poésie espiègle excelle dans l'art du malentendu charmant. Ici, Jack Harris joue avec délice sur l'équivoque, menant le lecteur vers une conclusion aussi inattendue que tendre.

Le pékinois (polka)

— Jack Harris

L'autre jour me promenant Sur la route de Nogent J'aperçus une demoiselle Abritée par son ombrelle. Sous sa robe à crinoline Elle cachait, la coquine, Quelque chose qui, croyez-moi, Aurait fait jaloux un roi. Moi j'suis v'nu et puis j'ai vu Et j'ai même tout entendu Cette chose qui, sous son jupon, Me donna un grand frisson. Posant son regard sur moi Elle augmenta mon émoi. Moi j'suis v'nu et puis j'ai vu Et j'ai même tout entendu Mais je fis semblant de rien Et poursuivis mon chemin. Sa voix soudain m'arrêta Et je revins sur mes pas. J'suis rev'nu et puis j'ai r'vu Et j'ai même tout r'entendu Puis j'ai promené ma main Tout au long de son machin. Oh mon dieu !... que c'était doux... Ça avait du poil partout... C'était chaud et caressant... Même humide par instant... Si vous aviez goûté ça Vous auriez, tout comme moi, Pensé jamais me lasser Si elle ne m'eut arrêté Par quelques mots pleins d'allant : "Allez ! Ne faites pas l'enfant ! Donnez-moi plutôt le bras Et laissez mon pékinois." Depuis ce jour nous sommes trois A vivre heureux comme des rois Et je bénis le chien-chien Qui m'a fait avoir sa main, Et je bénis le chien-chien Qui m'a fait avoir sa main.

L'espièglerie tient souvent à fort peu de chose : un mot, un regard, une chute que l'on n'attendait pas. C'est précisément ce que Jack Harris réussit avec grâce — transformer la séduction en comédie légère, sans jamais perdre son élégance. La romance absurde, elle, peut aussi se jouer dans un wagon de métro parisien…

Poème 02

Un poème drôle sur l'amour : la romance impossible dans le métro de Paris

Géorgie signe l'un des poèmes humoristiques les plus ingénieux de la langue française. Chaque station du métro parisien devient un rebondissement de cette romance à sens unique, absurde et touchante.

Métro-poli-tain

— Géorgie

Nous nous sommes rencontrés par hasard Au métro CORVISART. J'ai croisé ton regard À VAUGIRARD. Il m'a ébloui À GALLIENI. Tu ressemblais à une gamine Me semblait-il, à ARGENTINE. J'ai remarqué tes yeux verts À AUBER, Et un curieux chapeau rouge À MONTROUGE. Ta bouche avait la carnation d'une framboise À St AMBROISE. Puis tu as repris ta lecture À CRÉTEIL PRÉFECTURE. C'était « le Comte de Monte-Cristo » À CHÂTEAU D'EAU. Cela m'a contrarié À CRIMÉE. Je rêvais d'être seul avec toi sur une île À DAUMESNIL. Tu avais l'air sévère À FILLES DU CALVAIRE. Mais tu m'as souri À GABRIEL PÉRI. C'était suffisant pour me réconforter À GAÎTE, Au point d'en être ravi À GARIBALDI. J'étais dans tous mes états À GAMBETTA, J'avais perdu le nord À GARE DU NORD. Tu as fait la fière À GLACIÈRE. J'ai cru que tu te moquais À GUY MÔQUET. Quelle drôle de fille ! Me dis-je à HÔTEL DE VILLE. Tu m'as fait de la peine À MADELEINE. J'ai osé prendre ta main À JASMIN. Tu m'as regardé avec dédain À JOURDAIN. J'ai dû te paraître ennuyeux À JUSSIEU. Pourquoi te montrer si cruelle ? À LA CHAPELLE. Était-ce la conséquence de mon insistance ? À LA DÉFENSE. Je pensais vivre une romance Jusqu'au STADE DE FRANCE J'avais le cœur débordant d'amour À LAMARCK CAULAINCOURT. Je t'imaginais vêtue de blanc À LOUIS BLANC, En voyage de noces aux Seychelles À LOUISE MICHEL. Tu étais si belle À LOURMEL. Mais tu as eu l'air fâché À MARAÎCHERS. Et tu as pris de nouveau un air sévère À VOLTAIRE. J'éprouvais de l'admiration À NATION. Quelqu'un a joué de l'accordéon À ODÉON. C'était « la romance de Paris » À PLACE CLICHY. Tu as sorti ton mouchoir À BARBÈS ROCHECHOUART. Je vais enfin connaître mon sort À PELLEPORT. Voici le moment fatal À PIGALLE. Finie la romance À PLAISANCE. Séparons-nous sans manière À POISSONIÈRE. À nouveau tu as souri À PONT MARIE. À présent je ne sais plus où j'en suis À SAINT-DENIS. Tout peut encore se jouer À PYRÉNÉES. Pour voir la vie en noire À RICHARD LENOIR. Elle a certainement un cœur de pierre À ROBESPIERRE. Après tout je ne lui ai rien demandé À SAINT-MANDÉ. Je n'ai plus envie de jouer les « Roméo » À TROCADÉRO. Tout s'est terminé À AUBERVILLIERS. Car elle est descendue d'un pas leste À GARE DE L'EST.

Ce voyage à travers les stations du métro est aussi un voyage à travers les méandres d'un cœur qui s'emballe — et finit, à la Gare de l'Est, par rater tous ses trains. L'humour ici est celui de la vie elle-même : les espoirs que l'on échafaude en silence, les sourires que l'on surinterprète. Le quiproquo, lui, peut prendre des formes bien plus spectaculaires encore…

Poème 03

Le quiproquo le plus drôle en poésie : au commissariat avec un chien nommé Baiser

Bernard Voldoire orchestre ici un quiproquo d'une rare efficacité comique. Ce poème humoristique, bâti entièrement sur un double sens involontaire, est un bijou d'absurde maîtrisé.

Au commissariat

— Bernard Voldoire

Baiser me procure bien des joies, Mais des ennuis aussi quelquefois… Je suis certain que vous avez deviné Que c'est de mon chien que je vais parler. Un jour, alors que je comptais fleurette À la ravissante et gentille Pierrette, Il s'est éloigné, n'étant pas raciste, Suivant la chaude piste D'une Danoise, une géante Qu'il souhaitait accueillante. Il est ainsi mon clébard Qui cherche sans retard Quelque belle aventure Quelque chienne avec qui conclure Quand de mon côté Je suis… occupé. Mais ce jour-là, il n'est pas revenu, Je l'ai appelé, cherché… il était perdu. Je me suis donc précipité au commissariat. J'ai été bien reçu par la fliquette qui était là. Dieu que son uniforme était seyant ! Qui mettait en valeur un corps plaisant. Mais mes pensées étaient ailleurs Bien loin de l'élégance de son tailleur. Et c'est d'un trait que je lui ai déclaré : — Je veux mon chien, je veux Baiser ! — Monsieur, vous voulez bien répéter ? — Je veux mon chien, je veux Baiser ! Sans Baiser, mon chien, ma vie est finie Je vais périr dans l'ennui ! Son sourire aussitôt s'estompa, Quelques collègues elle appela, Et je me retrouvai bientôt Menotté, au fond d'un cachot… Je hurlai à l'injustice, à l'erreur Dans cette situation qui me faisait horreur. Quelques heures plus tard, je fus conduit Dans un bureau froid et sans vie. Le commissaire me conseilla De faire appel à un avocat. — Un avocat ? pour Baiser ? C'est mon chien que je veux, je vous l'ai déclaré. Et c'est ainsi que j'ai passé en garde à vue Des heures pour zoophilie reconnue. Lorsque le quiproquo fut éclairé La fliquette n'a rien fait pour s'excuser.

On rit, on compatit, et l'on se dit qu'il vaut mieux choisir avec soin le prénom de ses animaux de compagnie. Le burlesque ici touche à sa quintessence : une situation parfaitement banale, un seul mot, et tout déraille. Mais le rire peut aussi naître d'un moment de grâce — ou de son contraire absolu…

Poème 04

Un poème absurde et décalé : quand la beauté est interrompue par la réalité

Philippe Herrmann joue ici sur la tension entre le lyrisme et le trivial. Ce poème drôle et espiègle sur la séduction mène le lecteur dans une rêverie amoureuse — avant de la faire éclater en beauté.

Le bruit défendu

— Philippe Herrmann

À toi lecteur, qui aime mes poèmes, Je veux en ce jour, offrir un cadeau, Une fois n'est pas coutume. Et je t'invite à voyager Jusqu'au bout de mes mots, Pour en découvrir ton présent. C'était une journée, Au soleil brûlant, Où les filles nous charment De leurs atours si légers. C'était un jour de promenade, Dans les rues flamboyantes, Où les trottoirs brillent, De mille feux aux couleurs de mirages. C'était de dos que je la vis, Et sans me demander pourquoi, Mes yeux ont volé en éclats. Je me suis senti pousser des ailes. C'était inévitable, il me semble Qu'à cet instant rêvé, et si réel, Le temps pour moi ne comptait plus. Et mes pas emboîtèrent les siens. Laisse-moi lecteur, souffler un moment Si tu veux toi aussi connaître le but De mon histoire, qui je le sais Te laissera sans voix, Je suis par mon insistance, Le meilleur camelot de mes mots. C'était un aparté, je reprends enfin, Je retourne sur les traces de ma belle inconnue, Marchant au rythme de son déhanchement, Envoûté par sa féminité sans fin. Elle portait une jupe si courte, Qu'il me semblait sérieusement, Que si je m'arrêtais de marcher, Elle disparaîtrait de ma vue en s'éloignant. C'était doux, c'était inoubliable, Que de fantasmes en cet instant Encombraient ma libido tendue Vers ces quelques grammes d'étoffe fine. C'était la fin bientôt de cette extase, Quand se sentant protégée sous cet abri-bus, Cette muse, si belle, si sexy, si désirable, Laissa soudain échapper un pet…

Le poète avait prévenu : le lecteur resterait sans voix. Promesse tenue. Cette façon de dégonfler le lyrisme avec une précision chirurgicale est l'une des grandes vertus du poème humoristique : rappeler que l'humain, même dans ses élans les plus sublimes, reste résolument humain. Place désormais à l'absurde dans sa forme la plus pure — et la plus inattendue.

« L'humour est la politesse du désespoir — mais en poésie, c'est aussi la noblesse du quotidien. »

Réflexion éditoriale
Poème 05

Le poème absurde et décalé par excellence : une course de ballots de paille

Francis Babou invente ici un univers poétique entièrement autonome, régi par ses propres lois — celles des épouvantails arbitres et des ballots de foin ambitieux. L'absurde n'a jamais été aussi bien organisé.

La course des ballots

— Francis Babou

Ils étaient bien ballots mais pas du tout idiots ils étaient faits de paille et voulaient jouer la gagne. Le départ fut donné par le starter de blé l'épouvantail de piste commissaire de circuit. Tous les ballots suivirent la ligne de sagesse qui dans le champ vire à l'anneau de vitesse. La bataille de paille roule dans les virages et l'allure sans faille à chaque tour fait rage. Les oiseaux farfelus supportent leurs favoris en piaillant par-dessus les poussant de leurs cris. Mais un ballot dérape et sa paille déchape se payant un gadin sur le bord d'un gradin. L'épouvantail dare dare sort le safety car regroupant les ballots pour un départ nouveau. Sur la ligne d'arrivée le chiffon à damier s'abaisse sur le premier d'une course ballottée. Les oiseaux chantent l'hymne et les épouvantails applaudissent en rythme tous les ballots de tailles. Mais il faut tout ranger pour retrouver l'aspect de l'ancien champ de blé car l'homme va arriver.

Ce monde miniature, peuplé d'épouvantails-arbitres et de supporters ailés, possède la cohérence interne des grandes fables. L'absurde, lorsqu'il est maîtrisé comme ici, devient une forme de sagesse — celle qui consiste à regarder le monde de biais, pour mieux en voir l'essentiel. Une sagesse que partage aussi, à sa façon, la satire sociale…

✶ ✶ ✶

De l'espièglerie tendre à l'ironie mordante — la poésie humoristique sait aussi tenir un miroir à notre société.

Poème 06

Poème satirique et ironique : quand le médecin vous transforme en gruyère

Claude Moukarzel manie l'humour noir avec une légèreté désarmante. Ce poème satirique sur le monde médical fait rire là où l'on s'attendrait à frissonner — et c'est tout son génie.

Le Zombie

— Claude Moukarzel

J'ai des trous plein la tête, Je m'suis fait trépaner. Ah ! J'étais pas à la fête, Toute cette atonie à traîner. L'toubib m'a dit, t'as un œuf Dans ton œuf, va falloir l'débiter En fines tranches ou en quartiers. Moi, figé, j'fixais son œil de bœuf. T'en fais pas ! Il t'ronge l'nerf optique, L'hypohyse et l'hypothalamus, Tes surrénales ta thyroïde. Là, je tique. Y a qu'à gratter par-ci par-là, le surplus ! Maintenant j'vais bien, j'suis plus léger. Y a du vide et des courants d'air Dans mon crâne, j'peux rire et gamberger, J'entends même dire que j'manque pas d'air. Faut pas croire dit l'toubib, c'est pas fini ! Au mois d'avril, sur l'billard faut t'allonger, Because qu'y a l'autre moitié à enlever. Ben zut alors ! Faut croire que j'suis verni ! Non mais ! C'est pas vrai mes Bibi ! C'toubib là veut m'transformer en gruyère ! Déjà que j'vais pas bien de la tuyère, Attendez-vous à m'revoir comme un Zombie.

Le poème satirique trouve ici son rythme idéal — celui d'une conversation avec soi-même, ponctuée d'un humour qui tient lieu de rempart contre l'angoisse. Cette capacité à rire de ce qui fait peur est une forme de résistance poétique. La même énergie, plus festive encore, anime le tableau suivant…

Poème 07

Poème humoristique et satirique : la bourgeoisie provinciale à table

Marcek dresse avec une gourmandise visible le portrait d'une société qui, sous ses dehors respectables, cache une joie de vivre bien peu conventionnelle. Ce poème satirique et festif est un tableau vivant d'une France qui sait encore s'amuser.

Décès, vacarme, choucroute et fusil !

— Marcek

La choucroute arriva dans un vacarme fou Les joyeux bambocheurs à grands coups de fusil Tiraient sur le beau lustre et sa verroterie La servante affolée posa tout sur la table : Choucroute bien garnie, saucisse délectable Et bouteilles de vin, du bon Gewürztraminer Sans compter le fromage et les autres desserts On posa les fusils et l'on se mit en peine De dévorer les mets, et sans reprendre haleine On but presque au goulot tous les vins de grand cru Rotant entre les plats (sacrebleu qui l'eût cru ?) Enfin pour honorer le décès des bouteilles On réclama encor du bon jus de la treille Et quelques eaux-de-vie, que l'on mit au trépas Pour clôturer enfin ce succulent repas ! Je vous laisse à penser la tête du patron Qui, venant saluer tous ces joyeux lurons Trouva près du foyer le notaire ronflant Le pharmacien repu qui criait en rêvant Tous ces messieurs, le jour, d'allure respectable Et qui pour la plupart s'étalaient sous la table ! Le lustre, c'est heureux, n'était pas en cristal Pendouillant au plafond, ils l'avaient mis à mal Mais le patron, discret, ne fit aucun reproche Pour ces légers écarts d'une grande bamboche Quand ils eurent cuvé dès le petit matin Et qu'il ouvrit pour eux la porte du jardin, Ils tenaient sur leurs pieds, et chacun s'en alla Respectable à nouveau, et même on salua Mlle Aulonbec qui allait à la messe Prier pour le salut des âmes en détresse !

Le notaire ronflant, le pharmacien qui rêve à voix haute : Marcek saisit ici avec une jubilation communicative la distance entre ce que l'on montre et ce que l'on est. La satire, quand elle est joyeuse, ne blesse personne — elle nous réconcilie avec nos propres contradictions. Pour finir, voici un portrait plus tendre, celui d'un personnage que la vie a mis de côté mais que la poésie ne laisse pas tomber.

Poème 08

Poème humoristique et nostalgique : Pierrot la lune, le clodo touchant

Jérôme Abderrahmane clôt cette sélection sur une note qui mêle le rire à la tendresse. Ce poème nostalgique et drôle, dédié à un ami, peint avec affection le portrait d'un homme perdu dans sa lune — et pourtant profondément digne.

Pierrot la lune

— Jérôme Abderrahmane

Je m'baladais au clair de lune Et j'y croisais l'ami Pierrot Comme d'hab', il avait pas une thune M'a demandé un bout d' mégot « C'te plais, dépanne moi d'une sèche Si c'est pas moi, Dieu t'le rendra Tu vas pas m'laisser dans la dèche Je sais qu't'as du bon tabac » « J'en ai du bon, j'en ai du blond Pour entretenir mon cancer J'en ai du blond, j'en ai du bon Je t'le partage sans manières » L'ami Pierrot au clair de lune Dormait sous le pont d'Avignon N'avait pas d'oreiller en plume Juste une patte folle et pas un rond Dans sa maison toute en carton En cagette et en courant d'air S'accrochait dur à son litron Pour résister au vent d'hiver « Vive le vin, vive le vin Il hurlait à en perdre haleine Vive le vin, vive le vin Et vive la clairette fontaine » Mais Pierrot était dans la lune À l'ouest, gentil, mais à l'ouest L'avait pas d'tête, c'est une lacune Handicapante sans conteste Il errait du matin au soir Sans même se demander pourquoi Il allait d'trottoirs en trottoirs Faire quoi déjà ? S'en rapp'llait pas… Tous les jours il faisait la manche Même sous la pluie, il s'acclimate Le jour du Seigneur, le dimanche Mettait du beurre dans ses patates Les bigotes lui faisaient l'aumône Faut dire qu'elles profitaient d'la chance Pour l'prix modique de trois pièces jaunes Pouvaient s'ach'ter une bonne conscience Pierrot quand il est mal luné Admet que la vie c'est pas drôle Mais lui, tout c'qu'il veut c'est chanter Des comptines apprises à l'école Le problème c'est qu'c'est pas gagné D'autant qu'à force de picole Au moment d'se mettre à beugler Y s'souvient jamais des paroles J'lui dédie donc cette chansonnette Qu'il peut toujours braire à tue-tête Elle vaut sans doute pas un kopek Mais peut servir de pense-bête…

Il y a dans ce Pierrot toute la noblesse secrète de la poésie populaire : on rit, oui — mais on reste aussi avec quelque chose de chaud et de vrai. La tendresse est le cœur battant de l'humour quand il est grand.

Le rire, cette forme secrète de la poésie

Ces huit poèmes humoristiques, drôles, espiègles ou satiriques partagent un même secret : ils prennent la vie au sérieux en refusant de se prendre au sérieux. Du pékinois malicieux au Pierrot lunaire, en passant par les ballots ambitieux et les notaires affalés sous les tables, ils nous rappellent que la langue française dispose d'un registre comique d'une richesse inépuisable. Si vous avez souri, partagez cet article — car un poème qui fait rire mérite lui aussi de voyager. Et revenez bientôt : d'autres sélections vous attendent, pour explorer toutes les émotions que la poésie sait si bien mettre en mots.

COMMENTAIRES

BLOGGER: 1
  1. Maxime Moukarzel22/5/26

    Vous vous égosilliez au piano,
    Il planait une oppressante moiteur.
    Et nous, fans et fervents

    adulateurs,
    Ivres, à s'en faire gicler la glotte,
    " Encore ! " nous hurlions, " un solo ! "
    Dans les aigres relents d'échalote,
    Et l'atmosphère qu'empuantit l'alcool,
    Nous délirions telles des bêtes folles !

    Diva, par nos divagations, comblée,
    Et par la ribote point accablée,
    Votre coeur ému pencha pour Wagner.
    Je crus, tout d'abord, reconnaître l'air !
    Oui, mais par ces vapeurs qui envoûtent,
    Concédez-moi le bénéfice du doute !
    Etait-ce, en l'infernal après-midi,
    " La chevauchée de la vache qui rit ? "

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